10- La mise en place du plan de couverture intégrale 
en 100 % monnaie et l’extinction de la dette publique

 

On sait que la dette publique financée par les marchés financiers grève l’activité économique, réduit le revenu disponible des ménages en accroissant la pression fiscale. Rappelons que le seul service de la dette (c’est-à-dire le paiement de ses seuls intérêts) s’élevait à 1,5 % du PIB dans la décennie 2000. Un plan de désendettement public pourrait également s’articuler dans le cadre de la mise en place de la couverture intégrale en 100 % monnaie de tous les dépôts. Ce plan permettrait un désendettement public souple, sans douleur et sans mesures d’austérité. On sait, en effet, qu’au jour de la mise en place de cette réforme monétaire, la Banque centrale devra donc, pour éviter un déséquilibre comptable et financier, accorder aux banques secondaires, avant qu’elles ne soient scindées, une avance équivalente aux dépôts non couverts qui viendra se substituer aux encaisses revenues sur les dépôts à vue. On pourra dès lors procéder à la scission des banques en banque de dépôt et en banques de prêt. Ensuite, au fur et à mesure que les prêts en cours seront remboursés par les agents emprunteurs aux banques de prêt, celles-ci devront, à leur tour, assurer le remboursement des prêts obtenus de la Banque centrale. Il leur appartiendra alors de se financer sur les marchés, rechercher l’épargne des investisseurs et émettre des titres (certificats de dépôts).

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Une opération de changement des contreparties monétaires

On observe ainsi que le volume de monnaie créée par la Banque centrale se substitue, dans les mêmes proportions, au volume de monnaie bancaire précédemment créée ex nihilo par duplication des dépôts. Cette monnaie bancaire est supprimée au jour même de la réforme
Pour éviter ce déséquilibre financier qui résulte de la suppression de monnaie bancaire ex nihilo précédemment émise, la Banque centrale doit avancer un volume identique de monnaie centrale aux banques de dépôt.
C’est une opération de changement des contreparties monétaires neutre et incolore sur le plan macroéconomique.

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Le remboursement des prêts centraux accordés aux banques de prêt permettra à la Banque centrale de racheter les dettes publiques. Ainsi, quand les banques de prêt auront remboursé la Banque centrale, afin que la masse monétaire en circulation ne se contracte pas et ne prive pas l’économie d’une partie de ses moyens de financement par rapport à l’équilibre monétaire précédent, la Banque centrale pourra racheter progressivement les titres de dettes publiques (en l’occurrence, chaque Banque centrale rachètera les dettes publiques de son Etat). En rachetant ces dettes publiques, elle restituera aux marchés financiers le volume monétaire précédemment annulé par le remboursement des prêts accordés aux Banques de prêt par la Banque centrale.
On notera que ce plan de désendettement public s’effectue indépendamment de la progression de la masse monétaire nécessitée par le rythme de croissance de l’économie. Il est indolore pour les ménages et entreprises, contribuables et consommateurs.
Enfin, rappelle Gomez, « il n’y aurait aucun risque inflationniste dans la mise en œuvre du « 100 % money » puisque la création de monnaie de base par la Banque centrale serait immédiatement gelée par un taux de réserve de 100 % des banques de dépôt, ce qui revient à dire que la réforme ne conduirait à aucune variation de la masse monétaire en circulation. [1]"

Résumons ce plan de désendettement :

- La Banque centrale prête de la monnaie aux banques avec laquelle elles couvrent les prêts en cours.
- On procède à la scission des banques en banque de dépôt, d’une part, et banques de prêt, d’autre part.
- Les banques de dépôt comme de prêts ont une obligation de couverture intégrale des dépôts et engagements bancaires.
- Ces banques remboursent la Banque centrale. La Banque centrale réinjecte cette masse monétaire en achetant les titres de la dette publique.


sommaire

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[1] - Une « vieille » idée peut-elle sauver l’économie mondiale ? Christian Gomez, Colloque « La crise : trois ans après, quels enseignements, Université Blaise Pascal, IUFM Auvergne, Mardi 9 février 2010. 
[1] - On notera : - Maurice Allais, Les conditions de l’expansion dans la stabilité sur le plan national, Revue d’économie politique, janvier 1967. - Milton Friedman, A program for monetary stability, Fordham University press 1959.
[2] - M. Allais, opus cité page 207.
[3] - Maurice Allais, Les conditions monéraires d’une économie de marchés. Association Françaises des sciences économiques. Jeudi 9 novembre 1999.
[4] - Maurice Allais, L’impôt sur le capital et la réforme monétaire. Merann 1976, page 203.