Chapitre 9 – Crédit bancaire
et marchés financiers internationaux

extraits (...)

 Enfin, de nouvelles techniques de couverture des risques, tendant à maximiser les profits, sont devenues couramment utilisées :

- La titrisation est une technique de couverture des risques qui permet de monétiser des titres. Elle concerne l’ensemble des opérations par lesquelles une société convertit des prêts en titres négociables. Par exemple, un opérateur (entreprise, banque) cède ses créances à un investisseur contre des liquidités et transfère ainsi ses risques. Les investisseurs peuvent de leur côté se regrouper dans un fond commun de créance. Les opérations de titrisation permettent aux banques de vendre leurs créances représentatives des prêts accordés à leurs clients, et aux entreprises d’émettre des valeurs mobilières en remplacement de prêts bancaires.

- La procédure de l’arbitrage est une technique de spéculation qui se développa grâce à la mondialisation de l’économie et aux progrès des technologies de l’information et de la communication (TIC). Cette procédure permet de traiter des opérations complexes portant sur des milliards de devises et de profiter des différences de prix, au comptant ou à terme, d’une place financière à une autre en quelques instants. Entre l’achat à terme ou comptant, l’arbitrage, fondé sur un calcul d’actualisation, compare les taux d’intérêt et les taux de change actuels et anticipés sur les places financières. Ces procédures permettent de susciter des transactions spéculatives bien plus nombreuses que les transactions réelles. Elles concourent bien évidemment à perturber l’équilibre des ajustements des changes flottants et accroissent le volume des flux de capitaux spéculatifs internationaux.

- L’effet de levier ou LBO (pour leverage buy out) consiste à acheter une société en s’endettant de façon importante, puis à se rembourser sur les bénéfices pour enfin la revendre plus cher.  Par définition, l’effet de levier est égal à la différence entre la rentabilité des capitaux propres et la rentabilité économique. Si cette différence est positive, le recours à l’endettement a permis d’augmenter la rentabilité des capitaux propres de l’entreprise.
Les fonds utilisent cette technique pour prendre le contrôle d’une société à moindres frais : la société doit alors dégager des profits qui puissent couvrir le remboursement des prêts. A cette fin, les fonds peuvent la restructurer et vendre des actifs, et lorsqu’elle est restructurée, la revendre trois ou cinq ans plus tard.

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Rentabilité économique et rentabilité financière. Comment obtenir un rendement de 15 % ?
Du capitalisme entrepreneurial au capitalisme actionnarial

- Le taux de rentabilité économique est égal au ratio du bénéfice sur les capitaux engagés.
- Le taux de rentabilité financière est égal au ratio des bénéfices sur les seuls fonds propres.
Ils seront différents selon que le financement s’effectue uniquement sur fonds propres ou pour partie par endettement à un taux différent du taux de rentabilité économique.
Exemple : Une entreprise investit 100 en fonds propres (actions, part de capital social). Son excédent brut d’exploitation (EBE) est de 10, soit un taux de rentabilité économique (EBE/totalité des actifs) de 10 %. Son taux de rentabilité financière (EXE/Fonds propres) est également de 10 %.
Admettons à présent qu’elle investit toujours 100, mais avec 50 en fonds propres et 50 financés par endettement au taux de 4 %. Son excédent brut d’exploitation reste à 10.  Son taux de rentabilité économique sera toujours de 10 %. En revanche son taux de rentabilité financière s’élèvera à 16 %.
(avec [0,1 x 50] + [(0,1 – 0,04) x 50]/50  = 5 + 3 / 50).
Sur le même exemple d’un investissement de 100, pour obtenir un rendement supérieur ou égal à 15 % sur fonds propres, avec une rentabilité économique minimum de 6 %, on complétera les fonds propres engagés par un endettement égal à 9 fois leur valeur au taux maximal de 5 %, soit avec 10 en fonds propres, 90 empruntés à 5 % et 6 au bénéfice, après déduction des intérêts exigés sur 90 empruntés (90 x 5 % = 4,5) : 6 – 4,5 = 1,5 rapporté sur 10 en fonds propres (1,5/10) = 15 %.
Cette distorsion entre le taux de rentabilité économique et le taux de rentabilité financière explique la séparation croissante entre l’économie et la finance dans un modèle favorisant le capitalisme actionnarial au détriment du capitalisme entrepreneurial.
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- la vente à découvert consiste à vendre des titres que l’on ne possède pas en espérant les racheter moins cher ultérieurement. L’opérateur emprunte un titre contre le versement d’un intérêt, le vend, puis attend sa baisse effective pour le racheter et le rendre au prêteur en empochant au passage la différence. C’est un pari sur la baisse d’un actif financier.

- les marchés dérivés sont des marchés hautement spéculatifs qui portent sur des options d’achat ou de vente (ou warrants). La valeur de l’option est « dérivée » de celle du titre ou du bien, support de la transaction. Sur ce marché, l’acheteur éventuel retient, par une option d’achat, une action à un prix fixé d’avance contre le règlement immédiat d’une prime au vendeur. Il peut réserver une action, à un terme et à un prix déterminés, avec une option d’un dixième de la valeur attendue. Si au terme donné, l’action dépasse cette valeur, il aura un gain et lèvera l’action. Dans le cas contraire, si l’action ne dépasse pas cette valeur, il abandonnera. Ainsi, les intervenants spéculent sur options avec des actions qu’ils ne possèdent pas. La spéculation sur les marchés dérivés dégage des gains bien supérieurs à ceux tirés des autres marchés, en prenant moins de risques. En revanche, l’intervenant doit engager davantage de capitaux. L’option agit également comme un levier.
 

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