Pourquoi aurons-nous besoin de dividendes nationaux
et comment le crédit social les financera

Parce que la répartition n'est plus viable et la capitalisation incertaine

« L’avenir de nos retraites », rapport de Jean-Michel Charpin de 1999  estimait que la capitalisation permettrait de constituer une épargne utile aux régimes de retraite lorsqu’ils seront confrontés au choc du vieillissement de la population.
On observe ainsi que le financement des pensions de retraite oscille, depuis les années 1980, entre le maintien d’un système de répartition moins généreux, avec l’augmentation de la durée des cotisations nécessaires, et un système de capitalisation qui risque de laisser sans revenu près de 30 % d’actifs rémunérés à hauteur du SMIC et à faibles capacités d’épargne.
 
 
Ne rien faire surtout
 
Mais peut-on croire aujourd’hui que la sécurité de ces systèmes d’épargne peut être assurée après l’avertissement donné par la crise des subprimes de 2008 et le souvenir de l’inflation des années d’après-guerre qui, pour reprendre l’expression de Keynes, euthanasia les rentiers ?
La capitalisation exige l’assurance de la stabilité monétaire, de la maîtrise de l’inflation  et de l’arrêt de l économie casino.
On  propose également la mise en place d’une retraite par comptes notionnels dans lesquels le montant des pensions de retraite dépendra des espérances de vie de la génération du pensionné.
 
Dans les régimes par répartition, les droits à une pension de retraite sont proportionnels au taux salarial et à la durée d’emploi du bénéficiaire. On dit qu’ils sont contributifs,  car les droits à la pension de retraite sont proportionnels aux versements préalables d’une contribution effectuée sur les revenus du travail pendant la vie active.
 
Ce financement  est devenu au fil du temps contreproductif puisqu’il pénalise la production nationale et encourage les délocalisations. Son transfert sur un impôt direct ou indirect engendrerait cependant de graves distorsions redistributives puisque les pensions de retraite sont contributives. Indexées sur la durée de l’emploi et le niveau du salaire, elles ne dépendent pas de la consommation ou des autres revenus de leurs bénéficiaires.
 
L’iniquité de la répartition
 
Ce système de retraites par répartition qui pèse de plus en plus sur le coût du travail et qui abaisse aussi le niveau de vie des générations actives n’est cependant pas équitable.
Il occulte toutes les différences familiales, professionnelles, sociales et de condition physique qui peuvent affecter les pensionnés. Certaines professions et qualifications sont désavantagées, car elles offrent des espérances de vie moindres que la moyenne observée.
Par exemple, en 2000, la survie après 60 ans était en moyenne de 22,3 ans pour un ingénieur et de 17,1 ans pour un manœuvre. Elle était de 15,8 ans pour les hommes et de 22,9 ans pour les femmes.
 
On sait aussi, comme le rappelait Gérard François Dumont, que « ceux qui contribuent le plus à préparer les retraites sont les couples qui ont consacré le plus de temps à l’éducation d’enfants. Or, ce sont souvent ces mêmes couples qui ont de faibles ressources au moment de la retraite : d’une part, ils n’ont pas souvent deux carrières entières à faire valoir, car l’un d’entre eux a pu suspendre son activité professionnelle au moment où la famille était la plus nombreuse. D’autre part, les dépenses d’éducation des enfants ont obéré leurs possibilités d’épargne, d’investissement immobilier. »
 
Ainsi, pour résumer, les systèmes de retraite par répartition financés sur les revenus du travail pénalisent le coût du travail et accroissent le chômage, mais ils ne peuvent être financés par l’impôt sur la consommation ou le revenu sans créer de graves distorsions et inégalités préjudiciables à la cohésion sociale. En revanche, les systèmes par capitalisation qui ne sont pas obligatoires sont inégalement développés. Ils peuvent souffrir des fluctuations boursières et des risques de crises financières. Rappelons ici la  faillite des caisses d’épargne américaines Savings and Loan dans les années 1980. Crise qui fut provoquée par le relèvement des taux d’intérêt de la FED (Banque centrale américaine) auquel les autorités procédèrent pour éviter que les banques ne dupliquent trop les moyens de paiement en distribuant des prêts bancaires excédant leurs réserves.
C’est pourquoi la distribution de dividendes nationaux permettra d’associer les avantages de la répartition  à ceux de la capitalisation dans le  cadre sécurisé de la monnaie intégrale et souveraine.