Pourquoi aurons-nous besoin de dividendes nationaux
et comment le crédit social les financera

 Annexe 1 : L'inspiration jubilaire

Le Jubilé est présenté dans les livres de l’Exode (23,10-11), du Lévitique (25, 1-28) et du Deutéronome (15,1-6). Il exige la rémission périodique des dettes et des créances et l’organisation d’un nouveau partage des biens tous les quarante-neuf ans. Il s’agit là tout d’abord de rappeler le droit de Dieu, détenteur de toutes les propriétés sur la terre et sur les hommes. Puis, de rappeler aux hommes et donc, à leurs activités, qu’ils sont prisonniers du temps. C’est pourquoi le jubilé fixait à tous une limite à la durée des obligations issues des dettes et des créances antérieures, et enfermait l’activité économique dans un cycle de 49 ans, ce qui limitait le développement des mécanismes d’accumulation, de concentration des revenus à l’intérieur de cet espace temporel.

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La terre appartient à Dieu. Elle est prétée en parts égales aux tribus et aux clans. Puis chacun  vit et vaque à ses occupations et à son commerce grâce à la terre que Dieu prêta. Après une certaine période (49 ans), on constate que certains se sont enrichis, d’autres appauvris, les uns ont accumulé des créances, d’autres des dettes.
La cinquantième année, on rend tout à Dieu. C’est la grande remise des dettes et des créances. C’est l’année jubilaire. L’année de révolution, de retour à l’origine. Puis Dieu reprête aux clans et aux tribus les lopins de terre en parts égales pour une nouvelle période.
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 Ces lois jubilaires furent énoncées dans le cadre d’une société agricole qui reposait sur le capital foncier.  Elles cherchaient à annuler les dettes et à redistribuer la terre, principale source d’échange et de revenus, au terme de chaque période jubilaire, dans les mêmes proportions qu’à l’origine. La  société contemporaine ne repose plus sur le capital foncier, mais sur un capital financier construit sur la reconnaissance des dettes et des créances bancaires. Il est issu de l’accumulation de la monnaie qui est, pour l’essentiel, une monnaie d’endettement émise par crédit bancaire. On peut donc donner une interprétation moderne du Jubilé appliquée à cette accumulation monétaire.
 
Techniquement, il s’agirait d’annuler un volume de monnaie reposant sur des dettes précédemment émises. Puis de le réinjecter à l’intérieur d’un espace et d’un  temps économique afin qu’il circule et autorise la consommation. Puis il s’annulera avec elle, avant d’être réinjecté auprès du public.  L’annulation périodique et simultanée de ce volume monétaire (au terme de quelques semaines) lui interdit d’être accumulé, de se concentrer entre quelques mains, ou de s’échapper du circuit de l’économie réelle pour gonfler des bulles spéculatives. Il s’agit là, en fait, d’un principe de régénération monétaire.
 
L’institution jubilaire est une libération. C’est en insérant le temps économique dans un espace temporel  prédéterminé, et par conséquent en synchronisant l’extinction des dettes et l’émission de nouvelles créances que l’objectif d’émancipation sociale et de renaissance économique du Jubilé est atteint. C’est l’extinction simultanée de toutes les dettes qui permet d’ouvrir un nouvel espace temporel économique.