Pourquoi aurons-nous besoin de dividendes nationaux
et comment le crédit social les financera

Parce que la productivité des emplois est contrastée

L’âge post-industriel est riche d’une multitude d’activités d’entreprises et  de centres de production variées.  Il en est résulté une grande disparité des taux de productivité, des taux salariaux et des offres d’emploi d’un secteur ou d’une branche à l’autre.
On doit rappeler que la productivité du travail ne repose pas uniquement sur la seule activité, mais également sur sa rationalité, sa qualification, la qualité et la quantité des équipements, l’utilisation du capital, le progrès technique ou l’ensemble de différents facteurs qualifiés de productivité globale des facteurs (PGF). On a dit de cette PGF qu’elle était « une manne qui tombe du ciel. »
 
Des écarts de productivité dans les secteurs
 
Ainsi, par rapport au salaire minimum horaire, il fallait 800 heures de travail en 1895 pour acquérir une bicyclette, alors que 28 heures suffisaient en 1982. En revanche, une journée d’hôpital coûtait 11,7 heures de travail en 1820, mais lui en coûtait 32 heures en 1982. On doit rappeler également qu’en 150 ans, le prix d’une coupe de cheveux pour hommes, en monnaie courante, est toujours égal à une heure de travail manœuvrier. De nombreux services n’ont pas de productivité interne.
 
Depuis les années 1980, ce sont pourtant eux qui produisent les trois quarts de la valeur ajoutée. La productivité de ce secteur s’est ainsi dégradée  depuis la Seconde Guerre mondiale : « En 1949, la productivité horaire des services marchands (hors immobiliers) était le double de celle de l’industrie (...), mais à compter de 1975, le ralentissement des gains de productivité a été marqué pour les services et il s’est accentué à partir de 1990. »  La productivité dans les services marchands était au début des années 2000 inférieure de 15 % à celle de l’industrie. 
Il faut également tenir compte depuis 2010 du développement des emplois à la personne, de l’autoentrepreneuriat dont les taux de productivité ne peuvent augmenter, comme chez notre coiffeur, que si le nombre de clients augmente....et donc s’ils sont solvables.
 
Des conséquences sur les taux salariaux
 
En principe, on sait que les taux salariaux suivent les taux de productivité.
La productivité du secteur tertiaire, qui assure depuis la fin du XXe siècle plus des deux tiers de l’emploi,  influence ainsi la hiérarchie des taux salariaux. Mais la productivité des emplois de  ce secteur n’est pas homogène. La dispersion des taux de productivité des emplois de service qu’il regroupe est plus large que celle observée dans les autres secteurs. Elle entraîne une grande inégalité des taux salariaux distribués.  C’est cette hétérogénéité des taux de productivité qui influence le développement des écarts salariaux. La raison en est simple. A l’exception des services financiers et des services liés aux technologies de l’information et de la communication, le secteur tertiaire s’articule autour de micro, petites et moyennes entreprises et de services à la personne à faible productivité.