Pourquoi aurons-nous besoin de dividendes nationaux
et comment le crédit social les financera

Pour adoucir la distribution des rentes


La rente est universelle. Elle est générée par le décalage, l’écart, dans le temps, dans l’espace, dans l’information, entre deux situations. Elle est aussi bien produite par la loi de l’offre et de la demande que par des systèmes monopolistiques. Elle peut être durable ou temporaire. Elle se rencontre partout : rente différentielle, rente de monopole, de monopsone, rente foncière, rente industrielle et commerciale, rente conjoncturelle, rente démographique.
La rente constitue un revenu non gagné, elle est illégitime. Elle distord  toute la chaine de distribution des autres revenus, du travail et du capital. Elle rend illusoire toute recherche de la justice sociale.
                                                   
On peut citer ici :
 
La rente foncière : Henry George dénonça la rente foncière en ces termes : « Elle ne naît pas spontanément de la terre, elle n’est due à aucune chose faite par le propriétaire. Elle représente une valeur créée par toute la communauté. »
 
La rente de monopole : C’est le surcoût de la rentabilité de l’exclusivité par rapport à une situation théorique de concurrence pure et parfaite.
 
La rente du marché : Elle est issue des distorsions de la concurrence, des asymétries d’information ou de l’inégalité d’accès.
L’une des conséquences des rentes de marché est d’accroître les écarts de distribution des revenus, voire d’exclure un certain nombre d’agents de cette dernière. Les distorsions distributives qui en découlent sont atténuées par des politiques de transferts sociaux sous forme de revenus de redistribution (ou revenus de transfert). Ces dernières peuvent, à leur tour, générer des rentes de transferts sociaux.
La rente de transferts sociaux : La rente de transferts sociaux est versée quand les revenus perçus excèdent les droits obtenus par le bénéficiaire. On peut citer les avantages pécuniaires de certains locataires de logement public d’habitation à loyer modéré dont les revenus ou la composition  du foyer ne justifient  plus le maintien dans ce logement. Les politiques de transferts sociaux peuvent également inciter certains bénéficiaires à ne pas reprendre une activité rémunérée si celle-ci se traduit, avec une hausse de revenus imposables et la perte des transferts sociaux, à une baisse du revenu net disponible. 
 
La rente salariale et ses dérivés : Elle peut s’agréger au salaire selon que l’on est employé dans tel ou tel secteur, dans telle ou telle branche professionnelle, sur tel ou tel territoire, dans telle ou telle entreprise, avec telle ou telle convention collective, selon que l’on est un homme ou une femme.  
On peut assimiler à cet ensemble les rentes différentielles d’un territoire, d’un secteur ou d’une branche d’activités, qui dans un espace économique donné, vont être distribuées entre les agents qui y sont employés au détriment des autres agents.
En voici deux exemples.

En fait, comme le souligna Vilfredo Pareto,  « Quand on a réussi à démontrer que la rente n’est pas utile, on est loin d’avoir résolu entièrement les problèmes pratiques dont elle est l’objet. Reste à savoir comment on peut l’annuler et s’il est possible de le faire, sans se heurter à des inconvénients plus grands que ceux que l’on veut éviter. La nationalisation paraît être un remède pire que le mal qu’elle veut guérir. »
 
C’est pourquoi nous ne chercherons pas à les éliminer. Car elles reparaîtraient ailleurs, plus tard.
Cherchons, en revanche, à les atténuer en distribuant à tous un dividende national.