Pourquoi aurons-nous besoin de dividendes nationaux
et comment le crédit social les financera

Pourquoi le crédit


Le crédit est, comme son étymologie l’indique, une histoire de confiance. Le prêteur doit avoir confiance dans son emprunteur, et vice versa. Mais si la confiance de part et d’autre a disparu, plus personne n’emprunte, le volume de monnaie en circulation reste le même ou se réduit (si quelques-uns épargnent ou se désendettent). Alors le niveau de l’activité stagne. C’est la récession et les revenus se réduisent.  
Il faut donc faire circuler un volume de monnaie suffisant pour écouler et renouveler la production.
 
On peut expliquer cela par une fable attribuée généralement à  J.K. Galbraith.
C’est l’histoire d’un escroc qui avait signé un chèque de 10.000 dollars à un antiquaire. Celui-ci, ravi, courut acheter une automobile et pour la payer, endossa le chèque au nom du garagiste. Celui-là agit de même et, de fil en aiguille, le chèque alla de commerçant en commerçant. Chacun fit une vente de 10.000  dollars avec un bénéfice de 2.500 dollars. Toutefois, le dixième commerçant mit le chèque en banque et apprit qu’il était sans provision. Il réunit alors les neuf autres victimes et leur proposa, pour éviter une annulation en chaîne de toutes les ventes, que chacun paie 1.000 dollars pour couvrir le chèque, et garde ainsi 1.500 dollars de bénéfice.
 
Quelle leçon peut-on tirer de cette fable ?
Nous avons une valeur de 10.000 qui circule 10 fois, engendre 10 transactions qui créent un chiffre d’affaires collectif de 100.000 et un bénéfice collectif de 25.000. En fin de cycle, la valeur de 10.000 est annulée par tous les fournisseurs à concurrence de 40 % de leur bénéfice, ou 10 % de leur chiffre d’affaires. Chaque fournisseur conserve 60 % de son bénéfice. Si ce chèque sans provision  n’avait pas circulé, aucune transaction n’aurait été réalisée, aucun achat n’aurait été réalisé, aucune richesse n’aurait été créée, et aucun bénéfice n’aurait été réalisé. La communauté des fournisseurs fut sage, elle n’annula aucune vente (peut-être déjà consommée), mais se contenta d’une partie du bénéfice providentiel.
 
Ce chèque sans provision n’est rien d’autre que le prêt bancaire que consent la banque à l’économie. C’est un crédit ex nihilo.
Mais il est chargé d’intérêt, dont le coût, avec le temps peut devenir supérieur au capital prêté. Que la dette soit publique, que la dette soit privée, le coût de son intérêt est supporté par tous. Chacun le reporte sur l’autre, consommateur ou contribuable, citoyen.
C’est pourquoi il faut rendre le crédit social de sorte qu’il puisse financer des dividendes nationaux distribués à tous.