Préparer un monde sans énergie fossile




Pour replacer les choses

Depuis la fin du XVIIIe siècle, la concentration en dioxyde carbone (CO2) augmente régulièrement dans l’atmosphère. Cependant, on a noté que cette concentration s’accélère rapidement depuis les années 1960. Elle serait passée de 280 ppmv (parties par million en volume, soit 1 cm3 par m3) en 1750 à 315 ppmv en 1958, 345 ppmv en 1984 et à 367 ppmv en 1999. Il est admis que sa concentration fut pratiquement constante pendant les trois-quarts du deuxième millénaire. Cependant, au rythme actuel d’émission, cette concentration devrait dépasser 400 ppmv en 2025 et 500 ppmv vers 2100.
L’utilisation de plus en plus importante des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel), anecdotique avant 1800, n’a, en effet, cessé de s’amplifier avec la révolution industrielle et l’évolution des styles de vie qui s’en suivit. Or, leur combustion émet des gaz à effets de serre[1] supplémentaires qui augmentent la température de la terre.
Le charbon qui fut tout d’abord à l’origine du développement économique du XIXe siècle avec une consommation mondiale augmentant de plus de 4 % par an, était la source d’énergie la plus utilisée au début du XXe siècle.
Le pétrole qui était relativement peu utilisé jusqu’au début de la décennie 1980, mais qui supplanta rapidement le charbon pour couvrir à la fin du XXe siècle 39 % de la consommation mondiale d’énergie primaire.
Le gaz qui commença à être utilisé comme énergie au XIXe siècle, et couvrait 13 % de la consommation mondiale d’énergie primaire en 1960, et 23 % en 2000.
Ainsi, selon le rapport du GIEC 2007, 41 milliards de tonnes équivalent CO2 sont émis par an, dont 25,9 % pour le secteur énergétique, 19,4 % pour l’industrie, 17,4 % pour le secteur forestier, 13,5 % pour l’agriculture et 13,1 % pour les transports.
Conséquence : La température moyenne à la surface de la terre a augmenté, depuis le début du XXe siècle, de 0,74°C, mais l’augmentation est particulièrement rapide depuis les années 1970 atteignant 0,18 °C par décennie. Il s’ensuit des catastrophes comme la fonte des glaciers, l’élévation du niveau des mers, la multiplication des cyclones, la disparition, ou dégradation des micro-organismes, de la biodiversité et des chaines alimentaires, et, in fine, la disparition de la vie. Plus nous attendons, plus le cycle infernal devient irréversible.
On s’accorde cependant à penser que les réserves terrestres en combustibles fossiles pourraient s’éteindre à l’horizon 2050 pour le pétrole (40 ans), 2070 pour le gaz, et 2200 pour le charbon, à consommation constante (avec comme référence la décennie 2000).
Parmi les énergies de substitution, on note l’hydrogène (associée à la captation du CO2 et à la pile à combustion) qui parait la plus prometteuse mais demeure coûteuse.

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La Taxe carbone en Suède

C’est depuis 1991 que la Suède a imposé une taxe carbone sur la consommation d’énergie. Les rejets de gaz à effets de serre ont ainsi été réduits de 9 % entre 1991 et 2008. Mais, sans cette taxe, on estime que la Suède aurait eu un taux de rejet de CO2 supérieur à 20 % à son taux de 1991. Par rapport à ce qu’elle aurait émis en 2008 si rien n’avait été entrepris, c’est donc près de 30 % de ses rejets à effets de serre que la Suède a réduits. Pendant la même période, la croissance économique fut de 48 %. Autrement dit, cette taxe ne gène pas une croissance durable. Elle ramena à l’Etat 15 milliards de couronnes (14 milliards d’euros). La tonne de CO2 fut d’abord taxée à 27 euros pour atteindre progressivement 108 euros en 2008. En 2009, les Suédois émettaient 6,7 tonnes de CO2 par habitant contre 9,3 tonnes par habitant dans l’Union européenne. Progressivement alors que le taux de cette taxe carbone augmente, le taux des impôts sur le travail diminuait.
Cependant, les industries ont bénéficié d’une exonération partielle de cette taxe par rapport aux ménages afin de préserver leurs avantages à l’exportation. Par ailleurs, la dépendance pétrolière de la Suède est moins forte que celle des autres pays européens grâce à ses centrales nucléaires et hydrauliques et à l’utilisation de sa biomasse (algues, biocarburants).
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Que faire autour de la contribution énergie climat

Petit rappel : Après « Le plein s’il vous plait », analysé ici, Alain Grandjean et Jean-Marc Jancovici, économiste et climatologue, conseillers de la Fondation Nicolas Hulot, nous livrent un nouvel appel avec « Energie-Climat, c’est maintenant trois ans pour sauver le monde » (Seuil 2009). Nous en résumons l’esprit et les principales propositions ici.
Il y a urgence. La lutte contre l’irréversibilité du réchauffement climatique, ce n’est pas demain qu’il faudra la mener, c’est maintenant.
La thèse des auteurs est connue sous le nom de contribution énergie climat (taxe carbone). Il s’agit d’ne taxe sur les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) dont le taux doit être progressif. Cette taxe devrait, dès son instauration, être assez élevée, pour inciter les agents économiques utilisateurs d’énergie fossile (c’est-à-dire directement ou indirectement tout le monde) à opter pour des nouveaux comportements et inciter les agents à procéder à des anticipations dans le choix de leurs investissements présents et futurs. Plus rapide est le changement de comportement, moins douloureux sera la purge. Il s’agit donc de limiter le réchauffement climatique à un niveau acceptable pour la vie, mais aussi de gérer la fin des réserves d’énergie fossile.

Sortir les ignorants

L’enjeu est d’importance ; On comprend l’urgence de cette prise de conscience et la nécessité de mesures draconiennes qui, au regard des risques encourus, sont, somme toute, minimes.
Et pourtant devant la nécessité d’une unité face à ce danger, le clientélisme et l’ignorance résistent encore. Pour les auteurs, il ne faut pas tergiverser, les dinosaures les plus ignorants, ou qui ne veulent pas voir, doivent de toute urgence aller cultiver leur potager. Il faut donc que de nouveaux cadres, sensibles à l’importance de cet enjeu, investissent dans les partis politiques et les postes de décision pour servir la « sortie du fossile », sans dogmatisme, et pousser leurs dirigeants, aveuglés ou qui ne veulent pas voir, à en sortir.

L’argent n’achète que les hommes

L’une des causes de ces aveuglements est notre incapacité à penser le long terme. L’idolâtrie financière nous a habitué à « vénérer le présent et le court terme » jusqu’à en faire « une pratique d’élévation spirituelle ».Les auteurs comparent cet aveuglement collectif à celui qu’aurait connu les habitants de l’Ile de Pâques.

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Les statues de l’île de Pâques et les deux énarques

Dans l’Ile de Pâques, les Pascuans avaient une civilisation raffinée, ils possédaient d’immenses ressources naturelles (arbres, végétaux, poissons et carrières de pierre). Ils pêchaient des poissons et cultivaient la terre. Pour faciliter les échanges, le roi de l’Ile de Pâques avait réquisitionné tous les coquillages, les avait fait peindre à son effigie, et demandé à un banquier d’en assurer la circulation
Au début, le roi avait nommé un énarque « qui ne savait pas compter »sur l’Ile. Il se contentait d’assurer l’approvisionnement futur en ressources naturelles (fruits, poissons) dont les Pascuans avaient besoin, sans dépasser les limites de leur renouvellement.des ressources.
Mais le roi nomma un nouvel énarque « qui lui savait compter ». Puis, il demanda l’édification de statues dans l’ile. Chacun se livra alors à une concurrence effrénée pour dresser les plus belles ou les plus grandes. Alors, on augmenta l’activité et on utilisa de plus en plus les ressources naturelles pour construire des statues. Et plus l’activité augmentait, plus le volume des échanges augmentait. On venait d’inventer le PIB. Mais, dans le même temps, on détruisit les forêts. Plus de forêts, plus de sols arables, plus de poissons, c’est la famine qui décima ce peuple.
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Dans cette histoire, on avait mis le flux d’activité (le PIB) au dessus de la richesse (le capital environnemental). Or, le PIB est un indicateur des échanges, par définition un flux. Et non un stock patrimonial. Alors, plus les flux augmentaient, plus les stocks diminuaient. Jusqu’au jour où le stock des ressources naturelles disparut et les Pascuans avec. Il nous reste aujourd’hui le symbole des statues. On avait oublié que quand on achète un bien, quel qu’il soit, on n’achète pas le bien proprement dit. On achète seulement la partie des salaires qui ont contribué à sa réalisation à partir des ressources gratuites. Les ressources sont gratuites pour tout le monde mais le travail a un prix : »l’argent n’achète que des hommes ».
Analogie frappante avec notre société contemporaine avec son idolâtrie des signes conventionnels comme le PIB (produit intérieur brut), la comptabilité et la monnaie, qui occulte la richesse que constituent les ressources naturelles au profit de son symbole. « Nous ne voyons pas que l’argent n’est évidemment pas la richesse matérielle, même s’il sert d’étalon de mesure de cette richesse (page 85) »
Si nous ne voulons pas finir comme les Pascuans, il faut donc changer nos comportements et se faire à l’idée d’être plus heureux avec moins. Le pouvoir politique en place doit avoir le courage de le faire comprendre. Deux solutions peuvent nous aider à changer nos comportements et à réduire notre consommation : le rationnement (on impose des quotas) ou la taxe. En revanche, ce changement de modèle dans notre mode de consommation doit être soutenu par de nouveaux investissements. On sait ainsi que l’aménagement territorial du futur résultera de sociétés davantage orientées vers un développement durable peu consommateur de réserves énergétiques non durables. La fiscalité des Etats devra tenir compte de ces nouveaux paramètres et faire basculer la fiscalité sur le travail sur une fiscalité sur l’énergie.

Les propositions

La fin de l’ouvrage dresse une liste non exhaustive de mesures à prendre pour passer de « l’âge énergivore » à l’âge du développement durable, économe en énergie. L’ambition et le programme existent. Reste aux politiques à l’orchestrer. Récapitulatif.

Remettre l’énergie à sa place.
Nommer un conseiller technique à l’énergie (comme il existe un conseiller économie) dans chaque ministère et Direction Générale européenne, chargé de vérifier la faisabilité physique des mesures et propositions émises. .A l’instar du Conseil économique social et environnemental (ex CES devenu CESE en juillet 2208), une Cour du développement durable, extension de la Cour des comptes, indépendante, serait la bienvenue. L’objectif est d’adopter une stratégie à 30, 40 ans sur l’énergie. L’offre d’énergie devra basculer rapidement sur des sources d’énergie non émettrices de CO2 .On devra réduire la mobilité actuelle, supprimer une partie des transports, les rendre plus lents et moins puissants, rénover le bâti, modifier (et imposer) les centrales à charbon avec séquestration de CO2, moins cher que les éoliennes, supprimer les tarifs administrés de l’électricité et les remplacer par une aide accordée sur un autre secteur.

Taxer l’énergie sur le travail
L’idée est de faire basculer la fiscalité assise sur le travail sur la consommation d’énergie, à prélèvements obligatoires constants. Afin d’imposer cette taxe dans les échanges internationaux, un traitement comme la TVA (franc de taxe à la sortie, et taxé avec la fiscalité du pays importateur à l’entrant) serait judicieux.

Remettre les villes à la campagne
L’aménagement territorial s’est fait pendant plus d’un siècle avec une énergie fossile bon marché, les campagnes se sont désertifiées et les emplois se sont créés dans les villes avec le développement des secteurs secondaire et tertiaire. Il convient d’inverser ce processus rapidement, avant qu’il ne s’inverse lui-même, car cet aménagement ne résistera pas à une énergie de plus en plus chère. Une nouvelle distribution des cartes est à prévoir.
Il faut donc envisager un monde où l’énergie coûtera plus cher, il y aura moins d’emplois tertiaires et davantage d’empois dans les secteurs primaires (agriculture, artisanat), et par conséquent une relocalisation importante de la ville vers la campagne.

Changer les métiers
Il faudra tenir compte du changement de la structure des secteurs économiques dans les années à venir. Le secteur tertiaire diminuera et ses emplois aussi, alors que le secteur primaire et ses emplois augmenteront. Les cursus scolaires et universitaires devront en prendre acte en réhabilitant le travail manuel et donner une formation adéquate aux futurs cadres techniques.

Rénover les logements
En France, les habitats couvrent 40 % de la consommation d’énergie et 25 % des émissions de CO2. Des rénovations thermiques devront être entreprises alors que des formations devront être imposées aux artisans du bâtiment pour respecter ces impératifs.

Réduire la vitesse
La réduction du niveau d’émission de CO2 par kilomètre passe par la réduction de la vitesse automobile et des camionneurs. Soit à l’horizon 2015 (ou 2020) 50 grammes de CO2 par kilomètre. Nous en sommes à 140 en 2009. Les transports aériens devraient se réduire naturellement, cependant, il reste aberrant de continuer à financer des capacités aéroportuaires avec l’impôt, en pensant que le trafic va continuer à croître, et dénoncer par ailleurs l’envolée des déficits publics. La promotion des bas coûts à l’autre bout de la planète (textile, tourisme, etc.) ne pourra résister et passera de mode. Certes, le train ne remplacera pas toutes les voitures, mais l’avantage reviendra cependant au train. Il conviendra donc de relocaliser les activités productives à côté des nœuds ferroviaires.

Modifier les impératifs de l’Union européenne
L’Union européenne n’est guère sensible aux impératifs de nos environnements et du développement durable. Aucune allusion, sauf dans quelques attendus.
Elle doit cependant imposer plusieurs priorités : 1- mettre le développement durable au centre de ses préoccupations, 2- créer une agence européenne de la décarbonisation, 3- normaliser les émissions de CO2 des véhicules terrestres, 4- normaliser les émissions dans les habitats existants et les rendre obligatoires dans les bâtiments à construire, 5- accélérer les transferts de technologie vers les pays émergents pour qu’ils adoptent aussi un comportement vertueux, 6- réformer la PAC, 7- rendre obligatoire le stockage/captage de CO2..

Orienter la politique industrielle
La politique industrielle devra être contrôlée par une agence européenne de la décarbonisation qui aura pour mission de moderniser les centrales nucléaires, de mettre de la capture et de la séquestration sur les centrales à charbon, de développer les technologies de l’énergie et du carbone, solaire, photovoltaïque, thermique à concentration, nucléaire génération IV, stockage de l’électricité, biomasse (algues, agro-carburants, reforestation)

Adapter nos modes de consommation
La hausse du prix de l’énergie va faire monter de nombreux autres prix dont celui de l’alimentation, et surtout la viande (qui nécessite de grandes exploitations céréalières mécanisées pour nourrir les animaux) et des camionneurs. Une réorganisation des exploitations agricoles s’avérera nécessaire avec notamment « une polyculture qui n’avait que des avantages : rotations qui enrichissent le sol sans engrais, animaux sur place, augmentation de l’emploi, retour du bocage, approvisionnements locaux. Dans ce contexte, l’agro-alimentaire et la grande distribution devront se reconvertir. Il conviendra alors de développer des circuits de distribution locaux (qui augmenteront les revenus des producteurs locaux) et les métiers manuels « que l’énergie abondante à poussés à mépriser - osons le dire ! »

Faire financer « l’après fossile » par la BCE
Avec le produit de la vente des quotas aux enchères imposés aux industriels, à partir de 2003, l’Union européenne pourra avoir environ 40 milliards d’euros de ressources propres. Ce capital sera loin de pouvoir financer les aménagements nécessaires (la rénovation des bâtiments existants est estimée à 1000 milliards d’euros, par exemple) La zone euro n’a pas, par ailleurs, de capacité d’emprunt suffisante pour financer ce plan.
On pourrait donc articuler ce financement dans l’espace européen autour de 3 organismes : une agence indépendante, la BEI et la BCE.
- Une agence publique européenne, chargée de recevoir les capitaux et de mettre en œuvre ces mesures, permettrait de sortir de la règle du droit budgétaire qui interdit à des recettes déterminées d’être affectées à des dépenses spécifiques. Elle lèvera ainsi le soupçon selon lequel l’argent du budget général ne sert qu’à payer les lubies publiques (on se souvient de la vignette auto). Comme cette agence sera forcément déficitaire (puisqu’elle n’aura pas ou peu de recettes), son déficit devra bénéficier d’un critère d’exception au sens du traité de Maastricht, critère déjà utilisé en 2008 pour sauver les banques.
- La Banque européenne d’investissement (BEI) prêtera des fonds à cette agence européenne de décarbonisation. Elle se financera directement auprès de la Banque centrale (BCE).
- La BCE financera la BEI en émettant de la monnaie. « Techniquement, c’est donc très simple, l’agence s’endette auprès de la BCE qui lui donne de l’argent qu’elle a créé pour cela (…). Il s’agit de faire sortir quelques centaines de milliards de la planche à billets pour sauver la planète au lieu de sauver juste le système bancaire ».
Par ailleurs, si l’on craint qu’il n’y ait trop d’argent et de l’inflation, il suffira « de freiner la création monétaire là où elle est inutile, en limitant la capacité de crédit des banques qui ne sert qu’à entretenir des hausses de prix sans contrepartie dans l’économie réelle (page 267) ».
Autrement dit, on limite le pouvoir de création des banques secondaires (commerciales) et on les remet à la Banque centrale qui finance (sans intérêt) ce plan de sauvegarde climatique.
C’est le retour du bons sens !

Redéfinir les missions de l’OMC
L’existence de l’OMC n’est pas à remettre en cause. Un organisme est utile pour gérer le commerce international. Rappelons que l’OMC ne décide pas de régler le commerce mondial, c’est l’assemblée des pays adhérents qui le fait. Dès lors, cette assemblée devra très rapidement ouvrir un nouveau round de négociations pour orienter le commerce vers le respect des normes environnementales, et baisser les flux de certaines marchandises, si nécessaire.

Refonder la comptabilité
La comptabilité publique qui utilise, dans 190 pays, le PIB (soit un indice de flux) comme indicateur central, doit être réformée. Il faudra passer d’un indicateur « de type chiffre d’affaires » qui pousse à la consommation et à la croissance continue, à un indicateur de type « compte de résultat » qui prend en compte ce que l’entreprise a gagné et ce qu’elle a perdu, pousse donc davantage à l’amélioration du capital (des ressources naturelles), et peut même passer par la baisse du chiffre d’affaires.
Pour mettre en place cette nouvelle comptabilité - de type compte de résultat - on déduira du PIB les valorisations - certes conventionnelles pour la plupart - correspondant aux stocks non renouvelables consommés ou aux dégradations futures.

Aller plus loin de 2010 à 2015
Pour conclure, Jancovici et Grandjean nous rappellent qu’il ne nous reste que 5 ans pour mettre en œuvre ces réformes.

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Refuser la contribution énergie-climat revient à conforter la spéculation sur les énergies fossiles

L’argument selon lequel l’application d’une contribution énergie-climat en France ne servirait à rien si l’Union européenne et le monde ne suivent pas est contre-productif. En revanche, il favorise la spéculation. Cet argument conforte évidemment le conservatisme des groupes de pression qui la refusent pour des raisons individuelles. Mais ceux-ci oublient qu’il ne s’agit pas seulement d’apaiser le changement climatique mais aussi de gérer la pénurie des énergies fossiles. Et bien évidemment, ce sont les pays qui appréhenderont le plus rapidement cette proche pénurie qui, demain, seront les plus aptes à affronter l’avenir et à conseiller le reste du monde.
En revanche, le refus de cette contribution énergie-climat, dont l’objectif est de programmer régulièrement la hausse prévisible du coût des énergies fossiles, encourage les opérateurs et fournisseurs à retarder la transition énergétique et à spéculer.
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On rappellera aussi que le prochain sommet mondial pour le climat aura lieu du 7 au 18 décembre 2009 à Copenhague. La contribution climat-énergie a été fixée en France à 17 euros la tonne de CO2 et sera ensuite progressive. Les ménages recevront un crédit d’impôt ou un chèque vert en compensation.

Janpier Dutrieux

On pourra consulter :

Fondation Nicolas Hulot http://www.fondation-nicolas-hulot.org/
Manicore - articles de Jean-Marc Jancovici
http://www.manicore.com/
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[1] - En 1827, Jean-Baptiste Fourier, mathématicien et physicien français, décrivit le phénomène naturel de rétention partielle des radiations solaires par l’atmosphère en les comparant à un effet de serre.